Carnet de voyage : le Liban : "plus qu'un pays, un message de liberté"


Carnet de voyage : le Liban : "plus qu'un pays, un message de liberté"

Ce pays dont le Pape Jean-Paul II, dans une Lettre apostolique le 9 septembre 1989, écrivait : « le Liban est plus qu'un pays : c'est un message de liberté et un exemple de pluralisme pour l'Orient comme pour l'Occident ! »

Le témoignage du Liban compte, dès lors qu’on s’intéresse à la façon dont les valeurs universelles se construisent, prospèrent et se vivent. La cohabitation de nombreuses confessions religieuses autant que son histoire, sa position géographique au cœur d’une région en perpétuelle ébullition, mais aussi parce qu’il accueille aujourd’hui près de 2 millions de réfugiés, le Liban est un pays singulier dont plusieurs caractéristiques méritent d’être approfondies.

Ce n’est pas mon premier voyage au Liban mais celui-ci est dédié à la réflexion que nous avons lancée sur les valeurs et enjeux universels. Mon programme est riche : je rencontre le Président de la République, le Patriarche chrétien maronite, des étudiants et professeurs de l’Université Saint-Joseph, créée à Beyrouth en 1870, et plusieurs personnalités du monde intellectuel ou économique avec lesquelles nous allons aborder ce thème de l’universel. Mon dernier jour est consacré à une visite dans les montagnes du nord-Liban pour soutenir l’initiative d’un médecin libanais, passionné, qui depuis 10 ans, s’est lancé avec une grande opiniâtreté dans l’incroyable défi de replanter les cèdres du Liban. Un défi universel plein de sens. J’y reviendrai dans un billet particulier.

 


 

Je profite d’une arrivée le 1er mai pour une escapade sur le site emblématique de Byblos. Après un passage à la chaine MTV qui m’accueille dans son talk –show du matin pour échanger les objectifs de mon voyage au Liban, je file vers ce petit port de pêche, dont l’étroitesse ne reflète en rien la puissance de sa contribution au patrimoine mondial. Byblos concentre les vestiges de 6000 ans d’histoire. L’étymologie de son nom se confond avec celui de la Bible. Byblos a marqué l’histoire puisqu’on y trouve les premières traces de l’alphabet. C’est sans doute un de ces lieux – si ce n’est le lieu – qui, par son héritage et la sédimentation de plusieurs millénaires, incarne le mieux l’universalité. Les pierres de la préhistoire se mêlent à celles léguées par les phéniciens et ainsi de suite jusqu’au Moyen-âge, comme si, sur quelques hectares en bord de mer, notre histoire se racontait dans une harmonieuse chronologie. Byblos, ville universelle ? En quelque sorte.

 

Mercredi 11h00, la première rencontre est organisée avec le Cardinal Bechara Boutros Rahi, Patriarche maronite d’Antioche et de l’Orient. Il me reçoit à Bkerké, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Beyrouth sur les contreforts des montagnes libanaises, au siège du patriarcat. Notre échange est dense ; l’universalité est manifestement un sujet qui engage le Patriarche. Il conçoit l’universalité à l’image d’une œuvre composée de mosaïques : « si vous enlevez une seule pierre, l’œuvre perd à la fois sa valeur, son harmonie et sa signification ( …) On ne sépare pas universalité et unités, l’universalité ne doit pas éliminer les unités ». Le Patriarche est particulièrement sensible au respect des minorités. C’est probablement dans ce respect des différentes églises que le Liban a construit son modèle de cohabitation : « Il faut sauver les unités pour préserver l’universalité » rappelle le Patriarche.

 

 

« Sauver les unités pour préserver l’universalité »

Cet échange nous amène assez naturellement à évoquer le risque de « l’uniformité » et des conséquences que cela entrainerait pour l’humanité. « Une des menaces contre laquelle nous devons réagir, selon le Cardinal Bechara Rahi, est celle de la monotonie » : « l’universalité casse la monotonie ». Cette dimension est particulièrement intéressante. Elle corrobore cette tendance à l’ennui et aux angoisses qu’une société tend à générer quand elle converge vers un seul modèle ; quand elle tend à priver une population de son identité. Mais une autre valeur que le Patriarche défend, comme paramètre central de l’universalité, est la « vérité » : « Ayons le courage de la vérité ». Malheureusement, les injonctions des uns et la résignation des autres participent d’un monde artificiel. Certaines puissances clament « leur » vérité comme s’ils en avaient l’exclusivité,  et comme elle devait s’imposer au reste du monde ; il leur arrive de détourner le sens des religions à des fins politiques. Or, le Cardinal Bechara défend la mission des religions qui est contraire en tout aux fins de cette instrumentalisation. Il insiste sur les vertus de convivialité qui se nouent entre les religions et qui apaisent les risques de tensions : « Les Chrétiens libanais modèrent les musulmans par leurs contributions à l’éducation ou à la solidarité ». Aujourd’hui, selon le Cardinal, il est urgent de créer à nouveau les conditions de la paix. « Quelle religion nous enseigne la guerre ? (…) En Occident le terme religion est même devenu péjoratif » met en garde le Patriarche maronite. Une alerte qu’il faut lire à l’aune de la situation des Chrétiens d’Orient et dont on comprend combien une géopolitique qui s’affranchit du rôle des religions détruit l’universalité au profit de l’uniformité. « Remettez l’humain au centre » défend le Cardinal Bechara Boutros Rahi, comme une exhortation, mais aussi comme une espérance, en particulier quand il cite le respect des religions au Liban et leur contribution à la paix.

 

Je quitte le Patriarcat maronite avec cette conviction de l’importance et du rôle des religions dans un processus de dialogue universel. Le temps d’un passage au grand quotidien francophone libanais « L’Orient-Le Jour » et d’un échange avec son rédacteur en chef, et je rejoins le Balthazar, un café du centre de ville de Beyrouth, pour y retrouver l’écrivain et avocat Alexandre Najjar. Auteur d’une trentaine de romans et d’essais, il est une des personnalités libanaises parmi les plus engagées pour promouvoir la singularité de son pays ; il a également été rapporteur de l’Assemblée générale de l’UNESCO qui a ratifié la Charte sur la diversité culturelle en 2005.

Nous entrons directement dans le vif du sujet, et de façon très concrète. Pour l’écrivain l’universalité s’incarne d’abord dans différentes expressions : la littérature, la musique, la peinture ou la danse sont des vecteurs d’universalité ; ils participent d’une œuvre commune qui véhicule les valeurs universelles qui façonnent l’humanité. « Et de ce point vue, la littérature est handicapée – souligne l’écrivain – elle souffre des langues dont la compréhension nuit à l’universalité de l’œuvre ». Alexandre Najjar qui a organisé le volet littéraire à l’occasion des Jeux de la Francophonie à Beyrouth, insiste sur l’importance des rencontres : « elles imposent deux greffes : se construire sur des contenus et porter un héritage ». Pour l’écrivain, la reconfiguration des Expositions universelles devrait s’organiser dans le cadre de nouvelles rencontres composées de délégations de jeunes du monde entier dont les talents artistiques, culturels ou sportifs seraient le socle de dialogues, d’expériences et d ‘échanges autour d’un thème. Quand nous abordons les valeurs sous-jacentes à l’organisation d’un projet d’événement universel, Alexandre Najjar, cite la charité : « Plutôt que l’hospitalité, trop controversé – selon l’écrivain – je pense à la charité, une valeur fondamentale dont nous devons restaurer les principes et l’action ». Son intérêt pour la Francophonie amène Alexandre Najjar à l’intégrer dans ce processus de renouveau. Par exemple, pour ce que la sagesse africaine pourrait apporter comme contribution. Nous nous quittons en partageant cette urgence du renouveau des Expositions universelles. En partant, Alexandre Najjar me fait remarquer que la rue adjacente à celle dans laquelle nous nous trouvons s’appelle la rue de l’Exposition en mémoire de l’Exposition internationale libanaise impulsée en 1920 à Beyrouth par le Général Gouraud, alors Haut-Commissaire de la République au Liban et en Syrie, dont l’objectif était de promouvoir le rayonnement du Liban.

 

 

Mon dernier rendez-vous de la journée est avec Robin Richa, directeur général de l’ONG Arc-en-ciel, la plus importante structure libanaise œuvrant pour les populations en difficulté. Cette rencontre m’intéresse particulièrement, d’autant que le Liban, au-delà des propres difficultés qu’il doit surmonter, accueille 1,7 millions de réfugiés syriens et 500.000 palestiniens. Des chiffres impressionnants quand on les considère en proportion de la population libanaise de 6 millions d’habitants.

 

« Distinguons l’essentiel de l’important »

« Nous devons reconstituer la chaine de solidarités car hier, la famille, l’école et la communauté religieuse assuraient la protection des plus fragiles, aujourd’hui c’est de moins en moins le cas » s’inquiète Robin Richa. Arc-en-ciel travaille sur une série de programmes au service des handicapés, des jeunes, de la santé ou de l’emploi. Elle agit autant pour les Libanais que pour les réfugiés. Plus de 50.000 personnes bénéficient des dispositifs de l’association qui emploie près de 600 salariés. Deux idées m’ont particulièrement intéressé dans la démarche de cette ONG : d’abord son modèle économique autonome. « Chacune de nos actions doit avoir un sens et une utilité – me précise son délégué général – par exemple, 10.000 capsules de plastique récupérées nous donnent assez de moyens pour fabriquer nous même un fauteuil pour handicapé ». L’autre spécificité d’Arc-en-ciel réside dans la gouvernance. « Nous distinguons ‘l’essentiel’ de ‘l’important’ : l’essentiel c’est l’homme, l’important, ce sont les moyens que nous nous donnons pour atteindre nos objectifs (…) L’un et l’autre ne doivent pas être confondus, et, pour l’éviter, nous avons dans nos instances un ‘Comité responsable de l’essentiel’ qui est le garant de ce principe ». Cette distinction de l’essentiel et de l’important pourrait utilement inspirer nos approches pour ne pas tomber dans l’écueil qui consiste à consacrer davantage d’intérêt aux moyens qu’à leur sens.

 

Je redémarre ma journée du 3 mai en route vers le Palais présidentiel de Baabda pour une rencontre avec le Président libanais Michel Aoun. Le 11 octobre 2018, dans son discours à l’occasion du dix-septième sommet de la Francophonie à Erevan, le Président de la République du Liban a proposé que son pays accueille une « Académie de l’Homme pour la rencontre et le dialogue ». Pointant les tensions qui prospèrent à travers le monde, le Général Aoun, a appelé pour qu’une initiative multilatérale soit prise, sous couvert de l’ONU et de l’UNESCO, dont le Liban serait le pivot, afin d’œuvrer « pour un dialogue permanent entre les différentes civilisations, religions et ethnies ». Cette proposition confirme celle que nous avons amorcée avec les Ateliers de l’Universel dont l’objectif est d’explorer les conditions et les plateformes possibles pour mobiliser et fédérer autour des valeurs et des enjeux universels. Dès nos premiers échanges nous constatons une vraie convergence de vue ; en particulier sur le constat paradoxal que dans un monde de plus en plus connecté et interdépendant, la rétractation des populations et des nations, entraine une distance et des tensions de plus en plus préoccupantes.

 

« Prenons garde à la rétractation des nations »

« Le développement des idées universelles a pour bases : le respect de l’autre, le droit à la différence et la liberté » rappelle le Président libanais, et d’ajouter « Le recul des cultures et de la connaissance, en partie à cause d’un mauvais usage des technologies numériques, entraine la violence jusqu’au terrorisme ». Le projet libanais d’une Académie internationale est original dans le sens où il se construirait sur le principe d’une université. Les formations dispensées dans les domaines des sciences humaines, des relations internationales, de la diplomatie préventive ou du développement durable ouvriraient vers les nouveaux enjeux dont la mondialisation a profondément bouleversé les équilibres traditionnels. Ces formations, tournées vers la jeunesse, seraient reconnues internationalement et contribueraient à irriguer l’action internationale du sens qui lui fait souvent défaut. Je fais part au Président Aoun de la convergence avec nos travaux et notre volonté d’approfondir cet échange afin de donner à cette initiative le rayonnement et l’ambition qu’elle mérite.

 

 

Ma journée se prolonge avec deux conférences à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, puis à l’Ecole Supérieure des Affaires.

Le Doyen de l’Université de gestion de l’USJ m’accueille en compagnie d’étudiants et de professeurs. Je déroule ma présentation sur les principes, les valeurs et les enjeux universels sur lesquels nous devons nous mobiliser. Le constat est partagé, en particulier sur les risques d’un monde que l’uniformité transformerait inévitablement en une compétition économique impitoyable et déshumanisante. J’insiste sur l’intérêt que les universités pourraient accorder à donner du sens des enseignements qu’elles dispensent. Elles sont probablement parmi les mieux placées pour sensibiliser leurs étudiants aux enjeux et aux valeurs qui devraient inspirer l’usage des outils qu’ils apprennent à utiliser. Je le dis d’autant plus facilement depuis une université dont les valeurs ont été, dès sa création en 1870, sa raison d’être. Naturellement, la première des questions posée porte sur la manière d’opérer cette sensibilisation. J’évoque l’idée que les universités du monde entier pourraient organiser un séminaire annuel, d’un ou deux jours, afin qu’ils puissent les mettre en perspective, et d’aider leurs étudiants à donner du sens à leurs actions en s’inspirant des valeurs et des enjeux que nous avons en partage. Je rappelle la teneur de mon rendez-vous précédent avec le Président Aoun dont l’initiative va dans ce sens ; je rappelle également les propos qu’avait tenu Jean-Dominique Sénart (alors Président de Michelin, lors de la rencontre que nous avions organisée sur le thème de la contribution des entreprises aux enjeux universels) qui rappelait que les nouvelles générations seront de plus en plus sensibles à la « raison d’être » des entreprises et aux valeurs qu’elles véhiculeront et combien cette éthique déterminera leurs choix.

 

La rencontre à l’Ecole Supérieure des Affaires de Beyrouth (ESA) est d’avantage orientée sur le risque de standardisation liée à l’évolution d’une configuration hyper-métropolitaine des espaces de vie.  Partout à travers le monde, des sentiments de méfiance, de lassitude et de morosité dominent, au détriment de la confiance ou de l’enthousiasme dont l’humanité a besoin pour construire la paix et la prospérité. Penser mettre les populations du monde entier dans des hyper-métropoles conduit vers une impasse. Ce constat pose clairement l’enjeu universel d’une redistribution territoriale. C’est une condition nécessaire pour préserver la diversité culturelle et maintenir ainsi un socle pour le développement économique de chaque pays. C’est également une condition fondamentale pour préserver nos relations sociales. Les sociologues s’accordent sur une évolution de plus en plus anthropocentrée de nos styles de vie, laquelle, si elle s’inscrit dans le double effet de la contrainte spatiale et de la digitalisation de nos relations, risque de nous entrainer dans un processus d’isolement. Il y a un enjeu majeur à considérer, dans un monde en réseau, une organisation mieux distribuée de nos vies pour éviter que l’hyper-concentration urbaine substitue à l’espace vital, la mémoire virtuelle.

 

Le message de liberté et d’apaisement qu’appelait Jean-Paul II en 1989 est plus que jamais d’actualité. Car, 30 ans plus tard, à travers le monde, on craint les religions à cause de la radicalité de quelques-uns en oubliant qu’elles sont d’abord le creuset de valeurs communes de tolérance et de respect. Cette mise sous tension du monde n’est plus durable. Elle fait toujours du Liban une valeur d’exemple.

 

Replanter les cèdres du Liban : une renaissance

Samedi 4 mai, nous prenons la route de la Qadisha (la vallée sainte) vers le nord du Liban.  Direction Bécharré, un village à flanc de montagne, patrie de Khalil Gibran, mais aussi espace historique des grands cèdres du Liban. Malheureusement, malgré leur résistance au temps, il ne reste plus que quelques spécimens de ces grands cèdres millénaires. Ils sont abrités dans un petit bois clôturé, surveillé et protégé comme s’ils étaient destinés à n’être plus que les derniers témoins d’une époque glorieuse. Pourtant la cause n’est sans doute pas perdue et l’espoir de revoir un jour des grandes forêts de cèdres pourrait devenir réalité … Dans les années 90, un médecin libanais, Youssef Tawk, aussi passionné qu’opiniâtre, entreprend un projet dont l’ambition nous dépasse : celui de replanter les montagnes de cèdres et de restituer à son pays une composante essentielle de son patrimoine et de son identité. C’est en lisant la Nouvelle de Jean Giono, « L’Homme qui plantait des arbres », que Youssef a senti cette vocation. Un projet qui s’inscrit dans une double dimension : singulière et universelle. L’homme est passionnant ; il suscite à la fois l’enthousiasme et l’admiration. Mais au-delà de la beauté du geste, son projet s’inscrit dans une démarche professionnelle : des dizaines de milliers de cèdres sont déjà plantés, plus de 30.000 pousses sont cultivées en pépinière et le programme prévoit pour les années à venir la plantation d’un million d’arbres sur les flancs du Mont Liban. Et un livre pour enfant voit le jour : « Nabil, l’enfant des cèdres » écrit par une autre passionnée, Désirée Sadek, journaliste et écrivaine, convaincue elle aussi du sens de cette entreprise et de l’importance de transmettre les valeurs qu’elle incarne.

 

Je suis saisi par cette expérience. Ces cèdres incarnent une forme de renaissance de l’essentiel. Youssef me propose de planter symboliquement un cèdre pour témoigner de mon engagement à ses côtés et pour porter la générosité des habitants de Neuilly et de ceux de la communauté libanaise qui – bien qu’ils soient à des milliers de kilomètres des montagnes du Liban – ont perçu le sens et la profondeur de cette incroyable entreprise. Nous montons à plus de 2000 mètres pour mettre en terre un cèdre et l’imaginer au cœur de la future forêt.

Car ce projet incarne toutes les dimensions universelles ; par son enracinement autant que par son rayonnement ; par l’humilité de Youssef Tawk autant que par l’enthousiasme qu’il dégage ; mais peut-être d’abord par l’émotion que provoque cette ambition, car, dans un monde où la résignation l’emporte, le fait de bouger les montagnes, résonne comme une espérance.

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