Carnet de voyage Washington : do not give up !


Carnet de voyage Washington : do not give up !

 

 

De retour de Washington, dans l’avion qui me ramène à Paris – après les rencontres de Cotonou, Zurich et Rome – je reviens sur ma participation au 67ème National Prayer Breakfast, organisé par les Sénateurs et membres de la Chambre des représentants Républicains et Démocrates des Etats-Unis. Créé en 1953 dans une nouvelle période de tensions, soutenu par le Président Eisenhower, cet événement, unique en son genre, auquel participe chaque année le Président des Etats-Unis, vise à établir un dialogue pour la paix et la réconciliation entre les responsables politiques et économiques du monde entier. C’était une belle occasion d’organiser une rencontre dans le cadre des Ateliers de l’Universel.




Mon séjour a démarré dès le lundi 4 février, dans une actualité américaine dominée par le Super Bowl qui opposait cette année les Patriots de la Nouvelle-Angleterre aux Rams de Los Angeles. Je suis accueilli par les Sénateurs Christopher Coons (Delaware) et James Lankford (Oklaoma), organisateurs de l’événement ; le programme est riche : Rencontres avec les délégations issues des différents continents ; entretiens au Capitole avec plusieurs parlementaires Américains ; réunion spécifique, à l’initiative du maire de Copenhague, à destination des maires présents à Washington ; dîner des personnalités politiques organisé par les Sénateurs Mike Doyle et Mike Lee au cours duquel je partage une table avec des parlementaires Canadien et Roumain, un ambassadeur, ex-ministre des finances du Kosovo, et des membres du Congrès américain Républicains et Démocrates ; conférence spécifique dédiée à l’Afrique et au Moyen-Orient avec plusieurs témoignages dont celui du Président ghanéen Nana Akufo-Addo.

 

Mais le moment fort de chaque session de cette convention est le Presidential Breakfast qui se déroule le jeudi à 8h00 précise dans l’International Ballroom de l’Hôtel Hilton de Washington auquel participent cette année le Président Donald Trump ainsi que son vice-Président Mike Pence et plusieurs membres de leur cabinet. Avant l’intervention du Président américain, celle de Gary Haugen, CEO et fondateur de l’International Justice Mission [www.ijm.org] a marqué l’assistance. Dénonçant l’esclavage moderne qui touche selon lui plus de 45 millions de personnes, le président de cette Fondation a lancé un vibrant : Do not give up ! (N’abandonnez pas). Un combat contre la résignation qui fait écho aux valeurs universelles que chacun cherche à promouvoir dans cette rencontre internationale. Prenant à son tour la parole, le Président américain – qui s’exprimait 24h00 après son discours sur l’état de l’Union – a rappelé plusieurs des enjeux du monde et la nécessité d’agir pour la paix : « I ask for greatness ».




Dans la foulée du petit-déjeuner présidentiel, je retrouve plusieurs représentants de différentes délégations dans une des salles de l’Hôtel Hilton, pour l’échange que j’anime : [« Multi delegation dialog about Universal values and issues »].  Des participants de tous les continents sont présents pour réagir et échanger sur les valeurs et enjeux universels. Je reste dans l’élan du Do not give up ! exprimé quelques minutes auparavant. Je n’abandonne pas l’idée que nous devons retrouver l’audace et la passion de ceux qui ont créés les Expositions universelles au XIXème siècle ; « ils voulaient donner du sens à la révolution industrielle, il est temps aujourd’hui d’inscrire la révolution numérique dans un projet au service de l’homme ». C’est dans ces termes que j’introduis la discussion en ayant rappelé l’aventure de la candidature française et notre motivation à ouvrir une nouvelle voie. Un participant a le mérite de poser clairement l’enjeu : « On a pléthore d’événements qui ‘posent les problèmes’, on en a d’autres ‘qui analysent les problèmes’ mais on en a pas ‘qui proposent des solutions’ (…) C’est cet objectif que devrait poursuivre une nouvelle forme d’Exposition universelle ». Un participant enchaine avec une autre question pleine de sens : « Quel événement universel aujourd’hui est porteur d’espérance  et en mesure de fédérer aux quatre coins du monde ? »




Les intervenants sont unanimes sur le fait qu’il n’y a pas d’universalité sans le respect de la diversité. « Elle se mesure dans notre capacité à valoriser les minorités plutôt qu’à les diluer dans un modèle de société uniforme » défend un des participants. Barnaba Ruggieri, un Italien qui dirige « The Values Fondation » et qui a participé à la préparation de l’Exposition Universelle de Milan en 2015 met en garde contre le relativisme et évoque le thème de l’hospitalité comme une des valeurs essentielles à redécouvrir à l’aune des tensions et des divisions qui marquent nos sociétés contemporaines. Je fais remarquer que cette valeur avait été proposée en 2016 par les jeunes que nous avions associés à la préparation de la candidature française. Diane d’Audiffret, présente à Washington, qui avait déjà participée à notre premier atelier sur les religions aborde la question de la transmission et la nécessité d’en faire le socle d’une ambition universelle. Puis la discussion vient sur l’Afrique et sur la nécessité de changer les mentalités afin qu’aucun pays, sur aucun continent, ne puisse penser qu’il n’a rien à apporter au reste du monde. Je rappelle que pour moi, chaque individu, chaque territoire, chaque pays doit être considéré comme une chance pour le reste du monde, non pas comme une charge (…) que c’est sans doute dans cet esprit que nous retrouverons une universalité authentique. Ce qui traverse nos échanges – alors que le monde n’a jamais été aussi connecté – c’est l’évolution de l’isolement et du ‘chacun pour soi’ ; autant au niveau des personnes qu’à celui des Etats. Chacun prend conscience que l’universalité revient à construire l’unité du monde dans l’acceptation autant que dans la valorisation des différences.

 

Ce respect des différences, nous sommes allés à sa rencontre en visitant une communauté de l’Arche, située à quelques encablures de notre hôtel à Washington DC.  Une parenthèse pleine d’oxygène, où les plus fragiles sont accueillis avec cette fraternité universelle qui permet de révéler les richesses de chacun.

 

Sur le chemin de l’aéroport, je mesure la profondeur des contributions et l’énergie qui s’en dégage. Lors de notre échange sur les valeurs et enjeux universels, un des participants appelait à inverser la pensée négative qui traverse aujourd’hui le monde en ouvrant une perspective positive qu’une nouvelle configuration d’Exposition Universelle pourrait incarner. Le monde en a vraiment besoin. Do not give up !

A suivre…

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