Les entreprises et les économies peuvent-elles porter les valeurs Universelles ?


Les entreprises et les économies peuvent-elles porter les valeurs Universelles ?

Ce lundi 26 novembre s'est tenu le second Matin de l'Universel sur le thème "Les entreprises et les économies peuvent-elles porter les valeurs Universelles ?" En d'autres termes, "la mondialisation aplati-t-elle le monde ou défend-t-elle sa diversité ?

Quatre intervenants étaient invités à répondre à cette question et à partager leur vision :

Jean-Dominique Sénard : Président du groupe Michelin, auteur avec Mme Nicole Notat d'un rapport gouvernemental intitulé « Entreprise et intérêt général ».

Christian de Boissieu : Universitaire et économiste français, membre de l'Académie des technologies.

Damien Vieil : Directeur Général Twitter France.

Aaron Akinocho : Journaliste économique au Bénin

En avant du compte-rendu, vous trouverez ici quelques moments forts de ce débat :

Jean-Dominique Sénard évoque le rôle social de l’entreprise, " le bon support pour un mouvement fort de progrès social dans les années à venir. (…) Les entreprises ne doivent plus seulement penser au profit, mais aussi chercher et revendiquer d'être des faiseurs de sens ».

"Le capitalisme doit trouver une troisième voie à côté du modèle anglo-saxon ou du modèle de l'Etat. Un modèle où l'entreprise trouve sa raison d'être, son sens et son engagement : recherche du profit certes, mais respect de l'humain."

Jean-Dominique Sénard

  

 

La mondialisation ne doit pas être dans cette tentation d'uniformisation, au contraire, elle doit veiller à respecter les territoires.

 

 

C'est ensuite au tour de Damien Viel, Directeur Général de Twitter France, d'exprimer comment une plateforme que l'on pourrait de prime abord penser comme uniformisatrice est au contraire un outil de partage de la connaissance.

"En générant des conversations et en les rendant accessibles à tous dans le monde, nous avons pour mission de permettre l'accès à la culture et à l'information par tous." 

Damien Viel

Ainsi, Twitter souhaite être avant tout un outil de conversations sans frontières et souhaite offrir, même s'il faut avouer qu'il est parfois un miroir des angoisses ou des mouvements qui travaillent nos sociétés actuellement, à chacun la possibilité de converser et de s'exprimer de manière sereine et respectueuse de l'autre.

Cette plateforme, ne cherche pas à uniformiser mais à offrir un terrain d'expression à tous. 

 

Concernant l'engagement des entreprises, Damien Viel constate une augmentation de l'utilisation de Twitter par des chefs d'entreprise pour expliquer leurs actions et démontrer leur implication sur des valeurs porteuses de sens.

 

"Depuis 2 ans, nous remarquons un développement de la parole des grands chefs d'entreprise sur Twitter pour informer de leurs engagements afin de rassembler autour d'eux des communautés d'activistes et mettre en avant de manière transparente leurs actions." 

Damien Viel

 

 

Pour, Aaron Akinocho, journaliste économique au Bénin, l'Afrique est actuellement en train de bouger et de prendre conscience qu'elle peut et doit avancer par elle-même. Elle a compris que les modèles proposés par les sociétés occidentales ou asiatiques sont incompatibles avec la planète. 

"L'Afrique se regarde plus elle-même dans le monde actuel qu'auparavant et elle se découvre. Il suffit de regarder les conversations sur les réseaux sociaux, on parle plus de son actualité que de celle des autres continents."

Aaron Akinocho

 

Il prend l'exemple des nouvelles technologies que nous renouvelons annuellement plus pour régénérer des cycles de consommation que pour bénéficier de fonctionnalités nouvelles. En Afrique, un produit a une longue durée de vie, et c’est ce qui est apprécié et recherché. Même si parfois la tentation de rejoindre le modèle occidental est là, l'Afrique prend conscience qu'elle doit créer sa voie. Ainsi, toute une nouvelle génération d'entrepreneurs, de citoyens cherche à agir concrètement notamment dans le domaine du recyclage où l’Afrique dispose de sociétés très à la pointe pour proposer des alternatives aux modèles existants.

"Il y a une question du modèle pour l'Afrique. Les modèles européens, chinois, américains, nous mènent à notre perte. Nous avons une chance c'est que comme nous sommes en retard, nous pouvons créer une troisième voie." 

Aaron Akinocho

 

 

Christian de Boissieu, a complété le tour de table pour répondre à cette problématique. Si la mondialisation uniformise, quels sont aujourd'hui les facteurs de différenciations en économie ? 

"La différenciation aujourd'hui se fait par l'innovation. Suivre, à l'inverse c'est aller vers l'uniformisation. Notre problème actuel, c'est notre incapacité à faire de la prospective pour anticiper les mouvements à prendre."

Christian de Boissieu 

 

L'innovation et la prospective sont donc deux moteurs à la différentiation. Or restant focalisées sur le court terme, les économies se mettent à se ressembler. Le défi écologique auquel nous faisons face aujourd'hui en est le parfait exemple. Voilà plus de 20 ans que ce sujet est sur la table et il n'a pas été pris en compte comme il l'aurait fallu. "Nous devons valoriser le long terme". 

 

 

 

"Faire l'éloge de la différenciation, n'est pas prôner l'élitisme. Différenciations et inégalités sont les grands défis du moment. La mondialisation a réduit les inégalités entre les pays, mais elle a augmenté celles à l'intérieur des pays."

Christian de Boissieu 

Ces écarts qui naissent au sein d’un même territoire sont un mouvement de fond et un vrai défi dans un processus de mondialisation qui va se poursuivre.

 

 

En conclusion des échanges, les intervenants ont échangé sur l’hospitalité, et Aaron Akinocho a rappelé que celle-ci fonctionne dans les deux sens : celui qui reçoit et celui qui est reçu. En d'autres termes la mondialisation ne pourra être Universelle que si elle a conscience des spécificités des autres, que si elle les valorise, les respecte et les revendique.

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