Pas d’universalité sans altérité, pas d’altérité sans révolution, pas de révolution sans progrès


par Jean-Christophe FROMANTIN
Président du comité EXPOFRANCE

Pas d’universalité sans altérité, pas d’altérité sans révolution, pas de révolution sans progrès

Depuis quelques décennies, nous vivons un processus d’accélération de la mondialisation. Les technologies, les systèmes logistiques, la fragmentation des processus de production et les facilités de déplacement participent d’un monde global au sein duquel les comportements et les modes de vie tendent à converger. La métropolisation du monde et l’abandon des territoires – dans un souci de facilité – et l’emprise de géants numériques stimulent cette évolution et favorisent l’émergence d’un monde stéréotypé : on concentre les populations dans des villes de dizaines de millions d’habitants ; on consomme les mêmes produits sur les mêmes plateformes, on plébiscite les mêmes marques ; on vit dans les mêmes tours construites par les mêmes architectes ; on s’entasse sur les mêmes sites touristiques et nos relations prospèrent sur les mêmes réseaux sociaux. Progressivement nos vies se développent « hors-sol » dans un monde formaté selon des lignes de codes dénués d’émotion, d’émerveillement ou de compassion. On substitue progressivement à la diversité de nos territoires et de nos cultures un référenciel métropolitain, uniforme, lisse et artificiel.

Et on vante même ce modèle comme étant celui du progrès.

Or, cette uniformité a-t-elle un avenir ? La rétractation des nations, la détérioration de l’environnement, les crises migratoires, la financiarisation de l’économie, les tensions sur l’usage débridé des données personnelles, l’indifférence sur le sort des autres ou l’isolement des personnes les plus fragiles sont autant d’impasses qui interrogent sur l’issue et sur le sens d’un monde standardisé.

Pour toutes ces raisons, le combat pour l’universalité du monde c’est d’abord celui de l’altérité culturelle : pour que chacun ait à donner autant qu’à recevoir ; pour partager la connaissance ; pour permettre à chaque être humain de travailler là où il veut vivre ; pour retrouver le goût de l’hospitalité quand celle–ci nous donne à découvrir ce que les autres peuvent nous apporter ; pour reconnaitre un monde dont les aspérités naturelles et culturelles sont des atouts pour ceux qui en sont les dépositaires. Car l’uniformité détruit tout ce qui donne à chacun une chance d’exister, de travailler, d’échanger ou tout simplement de vivre dignement. L’altérité se nourrit de fierté et du sentiment d’appartenance. Or ce sentiment n’existe que dans la reconnaissance et le rayonnement des singularités.

Le monde est à réinventer dans le respect d’une diversité qui constitue sa richesse. C’est à nous, dans tous les interstices de cette ambition, qu’il appartient de réinvestir les singularités dont nous sommes les dépositaires : la nature, la culture, la connaissance ou les savoir-faire. C’est à nous de donner un sens à l’innovation pour qu’elle valorise l’altérité plutôt que d’accélérer l’uniformité.

Dans ce début de XXIème siècle – dont on dit qu’il est celui d’une « révolution » numérique – ne nous trompons pas de révolution ; car il n’y a pas de révolution sans perspective de progrès. Or le progrès se mesure d’abord à l’aune du bonheur de chacun, là où il vit.

C’est le sens d’une authentique révolution Universelle !

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